samedi 12 avril 2008

La faim des agrocarburants ?

Toutes les trouvailles qui semblent, dans un futur proche, pouvoir préserver nos habitudes de vie sont souvent mieux accueillies que les inventions antiques et délaissées ou nouvelles qui peuvent mettre en péril l'image qu'une société se fait d'elle-même. Ainsi les agrocarburants ont semblé, à plusieurs égards, la solution idéale pour garder nos voitures en l’état et nos embouteillages avec, le tout dans la meilleure des bonnes consciences au milieu d’odeurs gourmandes de fritures diverses.
Aujourd’hui, malgré les tentatives pour conjuguer la production d’agrocarburants à la lutte contre la désertification ou à la protection de la diversité des espèces, la forte progression du nombre des exploitations agricoles intensives a surtout contribué, d’une part, à généraliser les semences transgéniques et, d’autre part, à faire augmenter le prix des produits agricoles alimentaires dans un contexte de raréfaction des terres arables.


Il n’est guère besoin d’étayer bien longtemps l’affirmation selon laquelle les agrocarburants tels qu'ils ont été conçus jusqu'ici ne sont pas une solution d’avenir. Les enjeux du XXIe siècle demandent une réflexion plus globale et plus informée. Ils exigent un changement radical des objectifs assignés à la recherche. À défaut de cela, ce que l’on voit aujourd’hui dans des pays fragilisés pourra déferler ailleurs dans le sillon d’autres fléaux.




Des émeutes de la faim ont déjà eu lieu en Haïti, au Sénégal, en Egypte, au Cameroun, au Burkina-Faso et ailleurs. Les populations ainsi exposées à l’augmentation des prix expriment, dans un mouvement désespéré, leur conscience d’un droit inaltérable à des ressources alimentaires minimales. Quelle légitimité et quelle efficacité pouvons-nous prêter à des programmes énergétiques qui mettent en péril l’équilibre alimentaire mondial ?

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